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Pour une Revue Francophone d'Esthétique

C’est devenu un lieu commun de remarquer que depuis la fin du XIXe siècle et les premières décennies du XXe, l’art a connu des transformations sans précédent dans son contenu et dans sa définition. Elles ont irrigué son développement postérieur jusqu’à nos jours, sans d’ailleurs remettre en cause l’attachement du public vis-à-vis de formes plus traditionnelles et très diversifiées. Un des résultats de cette tension a été depuis les années 50 un regain d’intérêt très fort pour la philosophie de l’art, en particulier : la place des questions esthétiques dans la production et la réception de l’art, l’apparition de multiples théories qui visent à en expliciter la nature ou le fonctionnement, la redécouverte de travaux anciens ou délaissés et le questionnement insistant des notions de base, qu’elles soient appréhendées comme d’indispensables bouées de sauvetage ou qu’elles deviennent à leur tour matière à controverse.

Ce débat a pris des formes assez différentes dans le monde anglo-saxon et sur le continent, surtout en France où la discussion philosophique tendait à se replier sur sa propre histoire, au lieu de développer des liens avec les domaines actifs de la pensée. Du fait de la place marginale qu’y a tenue la pensée analytique et de l’absence d’une politique conséquente de traduction, nombre de contributions de premier plan y sont restées sans écho notable ou n’ont touché qu’un cercle trop restreint de spécialistes dont le centre d’intérêt ne portait pas sur l’esthétique. Certes il se publie en France des livres d’art et des essais sur l’art ; on y trouve par ailleurs un réseau important de revues d’art et de magazines et quelques revues philosophiques de bon aloi, mais y fait cruellement défaut une revue portant spécifiquement sur le domaine esthétique, qui soit l’équivalent du Journal of Aesthetics and Art criticism américain ou du British Journal of Aesthetics en Angleterre. La motivation fondamentale de créer une Revue francophone d’esthétique réside dans la volonté de remédier à cette carence, et de le faire en associant d’emblée les pays de langue française dont certains ont été des carrefours culturels féconds.

Dans la société contemporaine, on s’aperçoit que des interrogations de nature esthétique ne cessent d’émerger, en des lieux parfois inattendus, et en même temps qu’elles ont du mal à déboucher sur des résultats effectifs, capables en tout cas de s’articuler avec les problématiques qui animent le questionnement philosophique en général. Les problèmes esthétiques se seraient-ils dissout dans la médiatisation généralisée ? Sont-ils condamnées à nourrir un essayisme brillant mais sans portée théorique ? Doit-on laisser la parole aux historiens, aux spécialistes des sciences humaines ou aux professionnels du monde de l’art ? Telle n’est pas notre conviction. Nous voulons faire le pari d’une approche esthétique ouverte sur toutes les manifestations de l’art et qui revendique un parti pris d’analyse conceptuelle et d’argumentation critique. Il ne suffit en effet ni d’en appeler à une dimension anthropologique fondamentale, ni de s’en tenir à la menue monnaie de l’actualité et des événements. Comme toute discipline de quelque ambition, l’esthétique doit être en mesure de construire ses propres objets et de réviser ses résultats et ses procédures : là est sa seule garantie d’échapper au délire d’interprétation.

A l’heure d’Internet, les revues restent un moyen privilégié de favoriser l’échange intellectuel et la confrontation des idées dans des conditions de clarté, de rigueur et de transparence qui ne sont pas celles de la circulation incontrôlée des opinions et de la rumeur. L’objectif est donc d’animer une revue de recherche qui défende en esthétique une orientation exigeante sans être inféodée à une doctrine ni soucieuse de défendre tel credo artistique ou philosophique. Sa pierre de touche est d’ordre méthodologique : faire de la considération de l’art une occasion d’enquête capable de mobiliser toutes les ressources de la pensée et dont l’enjeu rejoint celle des autres activités humaines. C’est dire qu’à la différence de nombre de publications qui portent sur les arts, il s’agit de mettre au cœur de son programme les concepts et les démarches esthétiques, plutôt  que la singularité des artistes ou l’originalité des situations. Son modèle avoué est le British Journal of Aesthetics, en dépit du handicap que constitue la situation française, à savoir l’absence du relais d’un dense tissu universitaire. En résumé, nous souhaitons investir un espace laissé trop souvent vacant, champ vague et déserté de la philosophie, pour en faire un lieu d’élaboration active pour une pensée esthétique pleinement consciente de ses engagements et soucieuse d’articuler l’inventivité de l’art qui la motive et la rigueur que l’analyse lui impose au niveau de ses objets.

Chaque numéro, épais d’une centaine de pages environ, rassemblera cinq à six articles, dont la traduction d’un article anglo-saxon marquant, et intégrera des compte-rendus d’ouvrages récents. La perspective à long terme est de faire reposer la revue sur un dialogue continué des enseignants qui partagent la même ambition pour l’esthétique. En l’absence toutefois d’un vivier suffisant d’articles, les premiers numéros adopteront par nécessité une forme thématique : ils privilégieront des sujets à la fois transciplinaires et philosophiquement très ouverts comme : l’évaluation, les émotions, les prédicats esthétiques, la représentation, la fiction.

La revue se dotera par ailleurs d’un comité scientifique consultatif de haut niveau et de correspondants dans les pays représentatifs de son domaine de recherche.Le comité de rédaction